Les mots qu'il fallait utiliser sont : AMICAL ANIMAL ACROBATE AISANCE ANONYME BETISE BOUDIN BARGUIGNER BOIRE BERLINGOT.
Le texte ne doit pas excéder 600 mots, le mien en fait 564.
Ce matin-là le village s’était levé tôt pour tuer le cochon, l’animal devait bien faire une centaine de kilos et chaque famille en avait eu une part. Ce qui restait avait été acheté par le chinois qui le revendrait à son tour. Agnès avait reçu un beau morceau d’échine qu’elle avait frotté avec des épices avant de le mettre à boucaner au-dessus du foyer. La braise rougeoyante crépitait déjà sous et sur la marmite qui servait de moule au gâteau de manioc. Par un excès de coquetterie, Agnès avait enveloppé ses longs cheveux dans un vieux bout de nappe pour qu’ils ne sentent pas la fumée. ‘’Quelle bêtise, pensait-elle amusée, qui remarquerait cela ?’’ Mais elle voulait être la plus jolie des mamans pour Imou…
En début d’après-midi, elle avait revêtu sa robe fleurie, soigneusement reprisée, et avait coiffé avec soin ses longs cheveux. Elle avait mis dans sa tente* le beau gâteau de manioc et le livre pour Imou.
Celui-ci l’attendait à la cabane, il avait placé les saisies* et les coussins sous le manguier, exactement comme le faisait son père, et Agnès avait eu l’impression d’avoir fait un bon dans le passé. Une émotion soudaine l’avait envahie ; pour n’en rien laisser paraitre elle avait fait mine de chercher dans la tante son cadeau qu’elle lui avait tendu. Le regard tout à coup brillant de l’enfant l’avait comblée et avait achevé de l’aider à se reprendre.
« Merci maman’’ avait-il dit simplement, les démonstrations d’affection n’étant guère de mise dans cette société modeste et miséreuse, Agnès avait freiné l’élan qui la poussait vers son enfant tant chéri.
Les femmes n’étaient pas arrivées les mains vides : boudin chaud, gratons, jus de tamarins étaient venus compléter le goûter d’anniversaire.
Acrobate né, Imou avait grimpé dans l’arbre avec aisance pour cueillir quelques-unes des plus belles mangues, jaunes et juteuses à point.
‘’A boire et à manger ! Avaient dit les femmes dans un rire amical, la fête peut commencer ! Joyeux anniversaire Imou !’’
Chacune avait apporté un ouvrage à avancer pour ne pas rester oisives et les conversations à bâtons rompus et plaisanteries, auxquelles le jeunes garçon était habitué, allèrent bon train tout l’après-midi.
Mais les rayons du soleil, à présent à l’oblique, annonçaient qu’il fallait regagner les boucans. Les hommes ne tarderaient pas à rentrer de leur partie de pêche non sans avoir fait une escale à la buvette de Chung-Po-Lun. Il valait mieux leur donner à manger !
On s’était alors mis à tout ranger, un peu dans la précipitation et Agnès qui n’avait pas d’homme avait proposé au femmes de partir, elle finirait avec Imou. D’autant plus qu’elle avait vu depuis un moment que le jeune garçon n’était pas très à l’aise, il tournait autour d’elle comme ‘’un papillon-la-lampe’’ à barguigner au point qu’elle avait senti l’inquiétude la gagner.
Elle était rentrée le retrouver dans la cabane alors qu’il allait lui-même en sortir. Il tenait un paquet élégamment emballé :
La voyant seule, il lui avait aussitôt demandé : ''C’est un cadeau de toi, maman ?''
Agnès avait dégluti avec peine tout en agitant la tête en signe de négation. Ils avaient défait à deux le délicat paquet. C'était une belle boite de berlingots, pas le genre de friandises que l'on trouvait chez le chinois. Imou était aux anges tandis qu'Agnès se questionnait : d'où venait ce cadeau anonyme ?...
*La tente est une sorte de panier en vacoa tressé (photo trouvée sur internet)
*La saisie ou natte est un tapis de raphia ou de vacoa, souvent utilisé pour les pique-niques ou la plage.
Je vous remercie de vos gentils commentaires qui me touchent beaucoup !
Imou allait avoir treize ans ! En faisant l’inventaire de ces années passées Agnès en retirait de la fierté. Elle n’avait jamais failli dans son rôle de ‘’père-mère’’, Imou était intelligent (il avait des ‘’aptitudes littéraires’’ avait dit le professeur), il était poli et travailleur. Moins solitaire en grandissant, il avait su choisir ses amis. Malgré ses devoirs, il venait parfois l’aider au champ ou s’occupait de la cabane d’Ingemund qui était restée telle qu’à son départ, toujours propre et fleurie. Les femmes du village y passaient parfois, comme en pèlerinage… Elles laissaient au passage une galette de manioc ou un fruit à Imou, qu’elles chérissaient.
Agnès, elle, n’y allait plus, elle avait choisi de laisser de côté les souvenirs. Ce départ précipité, cette fuite sans explications du seul homme qu’elle ait aimé lui avait laissé un goût amer. Elle avait porté la honte de mettre au monde un enfant sans père mais lorsqu’elle avait tenu contre elle ce petit être, un amour immense avait fleuri dans son cœur et elle avait fini par être reconnaissante de ce cadeau inestimable.
Elle avait fait le choix arbitraire de ne rien cacher à son fils et Imou avait su tout ce qu’il y avait à savoir le concernant dès qu’il avait été en âge de comprendre.
Peut-être qu’une présence masculine à la maison serait bénéfique à l’éducation de l’enfant ? Un homme du coin, qui l’aiderait au champs... Elle se savait encore belle à quarante ans, certes, ses mains étaient un peu abimées par le travail de la terre mais elle avait le corps harmonieux et musclé, la poitrine ferme. Son visage était avenant malgré une certaine tristesse dans le regard et lorsqu’elle défaisait sa tresse pour se coiffer une cascade de cheveux châtains se répandait sur son dos… Oui, elle pouvait encore plaire, mais le voulait-elle ?
Ainsi Agnès songeait à sa vie, assise sous les bambous verts qui semblaient gémir sous la brise, en bas la mer couverte de moutons paraissait en lutte contre un adversaire invisible. Agnès réprima un pincement au cœur, elle repensait tout à coup à cette lettre arrivée des années plus tôt… Elle n’en avait jamais parlé à Imou, elle n’avait pas eu le courage de la brûler et l’avait cachée sous une planche de la cabane là où personne ne la trouverait jamais ! Quant au hibou…
‘’Toi sûre vouloir vendre hibou porte-bonheur ? Moi pas beaucoup d’argent donner toi pour si joli bijou’’ avait dit Chang-Po-Lun. Agnès, dont le cœur n’obéissait pas à une logique binaire, s’en était retournée, le hibou contre la poitrine… Porte-bonheur avait dit le chinois, si seulement…
Les trilles des oiseaux béliers avait éclaté en un joyeux concert au-dessus d’elle, la sortant de sa rêverie nostalgique. De ses maigres économies, elle avait acheté un livre pour l’anniversaire de son fils, l’histoire de Surcouf le fameux corsaire et elle lui ferait son dessert préféré : un gâteau de manioc. Elle était réticente à l’idée d’aller le déguster à la cabane, mais Imou avait tellement insisté qu’elle avait cédé ! Elle inviterait les femmes du village, cela ferait plaisir au garçon et ainsi elle n’aurait pas le temps de se laisser envahir par les souvenirs.
Elle sortit de son corsage le bijou qu’elle portait constamment et contempla l’étrange oiseau dont les yeux jaunes semblaient sonder son âme… Il serait fier de son fils pensa-t-elle et , émue tout à coup, elle se leva et dévala le sentier pour aller arracher les maniocs.
Tellement de plaisir à écrire cette petite histoire que j'ai l'impression qu'elle est vraie !
Il faut que j'arrive à trouver une suite et fin qui tiennent la route maintenant !
Notre visite achevée, nous sortons du Jardin de l'Etat
pour descendre la rue de Paris,
qui s'est appelée Grande rue en 1725
puis Rue Royale en 1777 pour devenir en 1810 rue Impériale
et prends enfin son nom de rue de Paris le 21 juillet 1848.
On rencontre encore de jolies demeures créoles dans la ville
mais c'est surtout ici que vivait l'élite coloniale au XIXème siècle.
La première qui attire mon regard est celle-ci, la maison Ravate.
Construite à Saint-Paul, entièrement chevillée, elle est démontée et reconstruite
à Saint-Denis en 1870.
J'aime sa véranda fermée qu'on devine derrière le haut mur d'enceinte
et aussi son magnifique portail...
La voici ouverte et de blanc vêtue sur cette photo empruntée à RandoPiton.re
La maison Barbot
construite en 1831,son jardin est redessiné vers 1926
et sa dernière restauration date des années 60
Il y a quelques décennies :
la longue allée composée de carreaux de terre cuite
est bordée de parterres fleuris et de bassins ronds où chante une eau claire.
Des bustes en marbre et des vases d'ornement en fonte,
vases Médicis à anses, agrémentent un jardin luxuriant...
Mais aujourd'hui...
La maison et les ornements, classés au Monuments Historiques, attendent leur rafraichissement.
Mais la voici plus loin dans le temps...
La maison de la Région
longtemps connue sous le nom de ''maison du Général''
car elle a longtemps servi de logement de fonction
au général commandant des forces armées basées à la Réunion.
Construite dans les années 1840, elle est modifiée en 1926,
fronton, balcon et portail en fer forgé sont rajoutés.
Elle est à nouveau modifiée entre 2004 et 2006
Rachetée par la Région en 1999, elle a été restaurée pour devenir un espace institutionnel et culturel.
(Ce jour-là, il devait y avoir un concert de musique classique sous la véranda)
Plus loin dans le temps...
La Maison Carrère
Dans les années 1820 la maison est une demeure en bois avec un simple rez-de-chaussée....
Elle connait de nombreux propriétaire avant d'être rachetée en 1905
par un riche négociant en sucre, Raphaël Carrère.
Celui-ci effectue d'important travaux et rajoute un étage
afin d'y abriter sa nombreuse famille.
Il fait également installer un magnifique portail.
Au cours des années 90 elle est laissée à l'abandon...
En 1998 elle est inscrite en totalité à l'inventaire supplémentaire
des Monuments Historiques.
En 2001 un grand chantier de restauration est lancé
En 2009 elle devient l'office de tourisme de Saint-Denis.
Cette photo, plus jolie que la mienne, je l'ai empruntée au ''Quotidien de la Réunion''
J'ai encore quelques maisons à vous montrer mais je m'arrête là pour aujourd'hui, histoire de ne pas vous faire attendre des lustres ! J'espère que vous avez aimé ces maisons. Elles font toutes partie d'un patrimoine aujourd'hui protégé, et toutes seront restaurées.
J'espère que vous êtes loin de tous ces incendies,
nous voyons des images terribles aux info, quel malheur !
Une pensée émue pour ceux qui ont tout perdu
et pour les vaillants pompiers, ces héros !
Un grand bravo à tous les bénévoles qui se mobilisent pour aider.