Quand le cyclone approche...
Par intermittence la pluie martèle le toit de tôle dans un bruit assourdissant, puis semble se retirer pour revenir avec une vigueur nouvelle. Le vent, par bourrasques, fait gémir les grands eucalyptus qu’il ploie dans sa danse macabre.
Parfois le cri plaintif d’un oiseau isolé se fait entendre au milieu de cette diabolique sarabande : qu’il se hâte de trouver un refuge !
La nature souffre déjà sous les à-coups de Batsiraï. Le Tibouchina qui dressait fièrement ses grappes de fleurs violettes sous le ciel bleu d’avant-hier a bien perdu de sa superbe.
Dans un petit coin du jardin, les oiseaux de paradis si élégants tentent de se faire oublier à l’abri d’un vigoureux sapotier.
Les palmiers se sont débarrassés de leur feuilles les plus fragiles et affrontent la tempête avec courage… Le bananier long et délicat résiste hardiment et ses longues feuilles s’enroulent autour d’une promesse de fruits, à l’image d’une mère protégeant son petit …
A peine couvert par le vacarme incessant, le grondement sourd caractéristique d'une ravine en crue se fait maintenan entendre. Il n’y a plus d’horizon, plus de ciel ; à dix mètres le paysage se noie sous une chape mouvante et blanchâtre.
Le souffle puissant et tiède s’enfle d’heure en heure… Et pourtant on le sait, ce n’est que le début. Le cyclone intense Batsiraï ne passera au plus près de nous qu’au bout de la nuit…




